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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 10:30

 

« C'est le propre de la jeunesse de couper les liens, d'ouvrir des chemins nouveaux, de rêver de liberté. » : disait Reine Malouin



       A
l’heure actuelle, le Tchad est dans une impasse démocratique. Face

à une tyrannie sanguinaire et abjecte, d'aucun considèrent la lutte armée comme l'unique recours pour abréger les souffrances du peuple tchadien, à défaut de pouvoir le faire par les urnes. Et nombre de tchadiens mécontents du régime débyste considèrent la résistance comme la seule alternative réaliste, pour l’heure, au gouvernement fantoche d'Idriss.  Il est certain que la rébellion armée est l’unique force en mesure de renverser le dictateur du Palais rose  et que l’opposition politique n’est en aucun cas capable de créer les conditions d’un départ du gouvernement en place, du fait de son manque de visibilité et de  la répression impitoyable qui s'est abattue sur elle au cours de la dernière décennie.  Évidemment, il est incontestable que la rébellion armée sera l’arme fatale qui renversera la dictature, le vent de l’est porteur de la libération que la peuple espère depuis tant d’années, mais il faut bien avouer que celle-ci n’est vecteur que d’un changement à court terme. Un gouvernement militaire ne doit pas être l’avenir du Tchad après la chute d’Idriss. Il ne peut être que transitoire. A moyen terme, il nous faudra une authentique démocratie qui rétablira un véritable État de droit au Tchad. Et ici, les avis divergent sur les hommes qui seront capable de porter ce renouveau démocratique au Tchad.

En ce qui concerne la rébellion, ses objectifs de renverser le gouvernement actuel sont des plus louables et sa volonté d’établir un ordre nouveau pour notre pays n'est pas moins honorable. Soulignons-ici le courage de ceux qui se battent tous les jours au front pour la liberté et l’indépendance de la patrie… Mais, partout dans le monde, par le truchement de la propagande des médiats occidentaux pro-débystes, l’UFR  est vilipendée, souillée dans sa réputation et sa dignité, ses combattants affublés des surnoms fallacieux tels que « bandits » ou « rebelles sanguinaires ». Il nous faut changer cela, il nous faut communiquer davantage sur les véritables intentions de la résistance nationale, qui certes, souhaiterait lutter par des voies pacifiques mais se trouve acculée à la violence par les excès belliqueux du potentat de N’Djamena et de ses soudards. Il serait souhaitable d'améliorer la communication de l'opposition tchadienne en général  (par le biais de films-reportages, de communiqués, d'articles et du renforcement des réseaux en Europe) afin du lui redonner une véritable légitimité tant dans notre pays qu'à l'étranger. A l'ère des nouvelles technologies, la résistance nationale devrait arrêter de prêcher dans le désert et investir dans sa propre promotion. Par ailleurs, il faudrait également inculquer aux courageux soldats du Front de la résistance une ligne politique afin qu’il ne puisse pas seulement être des pourfendeurs légitimes de la dictature mais aussi des bâtisseurs de démocratie une fois le temps de la paix revenu. Les victoires militaires, aussi brillantes soient-elles, n’ont pas de grande signification si elles ne sont pas suivies d’une orientation politique juste. La révolution ne se réduit pas à la simple lutte armée entre une résistance populaire et des forces réactionnaires ; elle doit être accompagnée d’une formation politique afin que l’alternance armée ne se transforme pas en un simple changement de surface (un logo remplaçant un autre, un nom remplaçant un autre nom à la Présidence) mais en un véritable pacte entre tous les tchadiens, de la société civile, de la rébellion et de l’opposition politique, unis pour édifier une démocratie à l’image de leur grande nation.

Pendant trop d’années, nos enfants ont appris la guerre, ils doivent maintenant apprendre la paix. Pour cela, il nous faut former les masses, les éduquer aux valeurs fondamentales que sont la liberté, la tolérance et la démocratique qui, trop longtemps, ont été bafouées par les régimes successifs. Les passions bellicistes, il nous faut les abhorrer, les éradiquer de nos comportements et mêmes de nos mémoires. Nous devons tirer les enseignements de l’échec des alternances passées et ne pas retomber dans les travers des divisions ethniques et des déchirements politiques qui nous conduiraient tout droit au chaos. La raison doit impérativement triompher si nous voulons fonder une société nouvelle, pacifiée et démocratique. Et pour se faire, pour qu’une révolution aille véritablement à son terme au sein de notre nation, des hommes réellement nouveaux doivent arriver aux affaires.

Et ces réformateurs, c’est le peuple et plus particulièrement la jeunesse montante qui nous les apporterons. Il faut en finir avec le temps où seule une petite minorité était habilitée à désigner ceux qui allaient présider aux destinées de la majorité. Il nous faut désormais préférer les bulletins de vote aux balles de fusils, les urnes aux fusils, les isoloirs aux voitures blindées. Une phase nouvelle dans l’histoire de notre pays n’ouvrira que par le biais de la venue d’hommes neufs au pouvoir. Et il nous faut renverser Idriss pour cela. Renverser Idriss pour que des hommes intègres et droits gouvernent enfin notre grand pays, renverser Idriss pour que des patriotes offrent la démocratie à ce peuple qui la hèle à corps et à cris depuis des lustres, renverser Idriss pour qu’une nouvelle classe politique fasse en sorte que nos enfants n’aient plus jamais faim ni soif, qu’ils puissent tenir dans leurs mains un cahier d’écolier plutôt que la lourde kalachnikov, et tout simplement pour que rien qu’avoir de l’électricité ne soit pas une exception et le délestage une règle au Tchad. Pour l’instant, il faut bien avouer qu’il est assez difficile de déceler les individus qui formeront ce nouvel espoir pour notre pays. Mais ne désespérons pas car il ne faut jamais douter de la capacité de mobilisation des masses et surtout de la jeunesse tchadienne, excédée par deux décennies de privations. Jeunesse Tchadienne, nous avons assez perdus de temps ; ensemble, il est grand temps de rallumer les étoiles !

 

MOHAMED SALEH

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"Le Professeur Ibni est un mathématicien tchadien de renom, Ancien Directeur du CNAR (CNRS tchadien), Ancien Recteur et Ancien Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, il avait initié plusieurs jumelages avec des Universités Etrangères, au service de l’enseignement des sciences dans son pays et en Afrique plus généralement"

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