Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 11:50




 

Le royaume du ouaddai, cet ensemble historique, avait pour capitale ouara puis Abéché .limitée au nord par l’Ennedi et le Borkou, au sud est par le guera et le salamat, à l’est par le Darfour, Soudan et à l’est par le batha.

Avant les découpages successifs, les composantes ethniques des populations ouaddaiennes sont variées, cependant, elles forment un ensemble ou la religion, les genres de vie, le passé historique, l’appartenance au sultanat du ouaddai, créent une unité .elles confèrent à la région une position de véritable carrefour de races disparates.



Au nord et autour d’abéché, on trouve des mabas qui font figure d’autochtones et parmi eux les Kodoi qui ont joué un rôle politique important à coté des malanga,des madala et des madaba .a adré,ce sont les massalites qui ont un rôle dominant,l’ethnie est à cheval sur la frontière et fortement représentée au Darfour .A amdam,des arabes se mêlent aux Masmadja et aux dadjo .A Gozbeida,c’est le darsila,le pays des dadjo qui se prolonge vers le sud,vers le bahr azoum et le dar roungua.le vaste plateau ouaddaien,peuplé de 520000 habitants,soit le huitième de la population du Tchad,reparti sur 120000km,le long d’une frontière de 600km,n’était pas facile à administrer .Aussi a t-il été coupé en deux .A biltine se trouvent des mabas,des mimi et des arabes .Dans l’est,les deux petits sultanats du dar tama et du dar guimir constituent la localité de guereda.

La localité d’amzoer est habité par une seule ethnie:les Abou charib .au nord, c’est la localité d’iriba ou vivent les zakhawa, ensemble ethnique particulier apparenté aux bideyates de l’Ennedi et qui s’étend largement au Darfour .Dans la localité d’Arada, vivent des arabes chameliers mahamites et des noarma.



Aspect humain : Quelle est cette mosaïque de populations, d’où vient-elle ?



Les divers elements qui constituent la population du ouaddai sont connus de nous grâce aux renseignements laissés pas G.Nachtigal ; Celui-ci évaluait, en 1873, la population du ouaddai à 2,5 millions d’habitants .Ce chiffre est ramené à moins d’un million vers les années 1913 du fait de la famine, des guerres perpétuelles auxquelles firent face les populations du ouaddai.



Les Mabas



C’est le principal groupe ethnique du ouaddai et le plus connu du ouaddai .les traditions relatent que les mabas comprennent les tribus suivantes :

Les Kodoi, les ouled djama, malangua, madaba, abissa, madala et Dekker .les deux derniers groupes sont un rameau des ouled djama.



Ces groupes vinrent librement à l’islam et aidèrent Abdelkerim Djameh à chasser les toundjour .leur pays aurait été appelé dar maba à cause, semble t-il, de sa richesse en eau .Ils parlent le goura maba, langue des maba et présentent tous à peu près les mêmes caractères.



Les Kodoi



Leur nom vient de kodok qui signifie montagne .Ce sont des montagnards qui habitent au nord est de ouara .On les appelles aussi Abou Senoune par référence à la teinture rougeâtre causée par l’eau calcoide des montagnes .Ils comprennent plusieurs fractions Matouk sing, galak sing, margak sing, oudjak sing aux quelles il faut ajouter la présence de quelques forgerons les nemena.



Les oulad djama



D’après H. Carbou, les ouled djama sont étroitement apparentés aux Kodoi avec lesquels ils forment les groupes autochtones du ouaddai .Selon la même source, ces groupes vivaient autrefois réunis : elles inquiétaient alors les sultans du ouaddai par leur turbulences. HAROTE Al-Sakhir les sépara et donna le commandement de l’un d’entre eux à un kamkalak de l’époque, Djama .Les sujets de ce dignitaire furent désormais appelés oulad djama .Les deux groupes n’en continuèrent pas moins à marcher main dans la main, dans tous les mouvements qui agitèrent le ouaddai et à rallier autour d’eux le reste des maba .Les oulad djama habitent le pays nord de celui des Kodoi.



Les Malangua, les madaba et les madala



Ces groupes comptent parmi les tribus les plus anciennes du ouaddai .Ils ont joué un rôle historique important et c’est ce qui explique les privilèges honorifiques dont leurs chefs continuent de jouir .Ces maba, actuellement très réduits, sont groupés dans les quelques montagnes qui avoisinent ouara du coté est .On trouve aussi des malanga dispersés dans les pays du sud, particulièrement chez les kelinguane.



Les Abissa



Les Abissa sont peu nombreux et parlent le maba.



Les keliguane



Le keliguane est une région de montagnes qui constituent le plus gros massif des environs d’Abéché et dont les premiers contreforts se trouvent à quelques kilomètres à l’est de la capitale .D’après Nachtigal, les gens qui habitent ce pays ne forment pas une tribu particulière .ils sont des Kodoi, des mararites, des kapka et des arabes .Cependant l’usage s’est établi de parler de la tribu des keliguane.



Les groupes apparentés aux maba



Les kondogo, les mararites et les mimi, quoique n’appartenant pas au groupe maba, jouissent auprès de ce dernier d’une très grande considération.

Les sultans du ouaddai pouvaient, sans déroger à la règle, prendre femme dans l’un de ces trois groupes.



Les kondogo



Les kondogo comptent parmi les groupes autochtones du ouaddai .Ils ne sont venus à l’islam qu’après les maba.

Les mararites et le mimi sont venus à l’islam en même temps que les mabas .Chacun de ces groupes parle une langue qui lui est propre.



Les Mararites



Les mararites sont ainsi appelés du nom de leur ancêtre Marra .Avec eux vivent les les chalé, les oro et les kourbo, groupes au parler proche de celui des mararites mais dont on a des difficultés à identifier aujourd’hui.



Le mimi



Cette tribu est très nombreuse, mais beaucoup de ses membres se sont dispersés dans le sud du ouaddai ou ils vivent mélangés aux autres groupes. Les mimi habitent le pays situé au nord de celui des oulad djama



Les autres groupes plus ou moins alliés aux maba



Ces groupes en fait des immigrés sont les ganyanga, les banadoula, les kapka, les kobé, les Nas djombo aux quels il faut ajouter les karanga, les bakka, les kachamiré, les marfa, les kadjanga et les kadjaksé qui possèdent des liens de parenté avec les groupes autochtones et adoptent les mœurs et les coutumes maba.



Les autres groupes ethniques du ouaddai



Les groupes que nous venons de présenter brièvement se rattachaient aux maba d’une façon plus ou moins directe, par le mélange de sang ou par l’affinité de la langue et des mœurs.

Nous abordons dans cette partie, des groupes qui en différent presque radicalement. Les soungor, les guimir et les tama forment un groupe à part et parlent une langue qui leur est propre.



Les guimir



Les guimir ou gamira sont d’après H. Carbou originaires du darfour. Ils furent les premiers habitants du dar tama. On les trouve aujourd’hui dans la dar guimir, capitale Guanatir, au guerri et dans la dar zioud.



La tradition raconte que les guimir régnaient à l’origine dans le pays Nyéré, mais une famille d’ethnie dadjo, originaire du dar sila, arriva au pouvoir à une période qui n’est pas jusqu’ici retenue et les destitua.



Les Tama



Nachtigal et H. Carbou affirment que les tama ont du sang zakhawa dans les veines et parlent une langue apparentée à celle des Assongors.



Les zakhawa



La majeure partie des zakhawa habitent le Darfour .On compte cependant quelques unes de leurs factions dans le nord du ouaddai : zakhawa kobé, zakhawa dor, zakhawa anka, zakhawa menderfoki et zakhawa douroung .La langue des zakhawa ne présenterait que quelques différences avec celle des bideyates. Ces derniers habitent au nord du ouaddai et du darfour.

Au nombre des populations du ouaddai non maba, il faut également compter les massalites d’adré,les dadjo du dar sila,les moubi et les birguide ainsi que les kibete,les daguale et les mourro.



Le ouaddai et l’islam



L’origine du terme ouaddai



Ce terme,si l’on en croit les sources orales,est utilisé entre le 17eme et le 18eme siècle,c'est-à-dire sous le règne des Sultan Yakhoub Arouss et Harote Al-sakhir 1681-1707.Ce règne se caractérisa par la famine et la maladie qui désola le pays.



Plusieurs versions ont alors été avancées : la première prétend que ce fut le sultan Yakhoub Arouss qui cessa de payer l’impôt à Ahmat Boukar, le sultan du darfour.

Ce tribut annuel était payé depuis longtemps. Abdelkerim Djameh et certaines personnes attribuent à cette contrainte traditionnelle l’origine du nom ouaddai. Ouadda signifie envoyer. Celui qui envoie est le Ouaddaï en arabe local. Mais d’autres pensent que ce nom vient plutôt du mot abulition Ouadda etc. Quoiqu’il en soit, le ouaddai était désigne par les voisins sous le vocable de dar borgou et les populations elles mêmes se disent tout simplement Maba.

Quand le sultan Yakhoub Arouss mourut, son fils Harote Al-sakhir lui succéda et régna de 1707 à 1745 environ. C’était, selon les traditions orales, un sultan très apprécié par sa population. Il assura la prospérité et la sécurité de tous les sujets.



L’origine du mot Abéché



Certaines personnes disent que terme Abéché vient d’Ab Aicha, le jovial, car le sultan voulait une ville plus ouverte, plus grande, plus joyeuse que Ouara, coincée entre les montagnes des Kodoi.

Mohamed Chérif aurait, d’ailleurs, lui-même, reçu ce surnom de Ab-bach-cha de son professeur Sidi Ben Ali Senoussi, lors de ses études à la Mecque dans son jeune age.



Comment les Maba pratiquant l’idolâtrie ont-ils accepté l’islam



Laissons le récit de Youssouf Brahim Seid nous édifier : Six vieillards délégués par les mabas idolâtres vinrent trouver Abdelkerim et ses compagnons sur la montagne Tireya. Ils demandèrent :

Qu’est ce que Dieu ?Dieu,répondit Abdelkerim,c’est lui qui a crée le ciel et la terre,le jour et la nuit,le soleil et la lune,le chaud et le froid,l’humide et le sec. Dieu c’est la meilleure chose qui puisse exister. Il veille à la destinée du monde.

Les maba acceptèrent l’islam et abandonnèrent un grand nombre de leurs anciennes pratiques. Au village de Malangua, Abdelkerim Djameh prit pour femme Mariam Aicha, la fille du Malik Daoud, le chef des toundjour qui contrôlaient à ce moment là le dar ouaddai, pays des maba. Daoud était de l’avis de cette même source, le 8eme souverain de la dynastie toundjour.



A la suite d’un différend avec Malik Daoud, Abdelkerim dut quitter précipitamment la région, qu’il jura de débarrasser de l’oppresseur Toundjour. Quand il revint au pays, Abdelkerim Djameh alla trouver les notables maba et arabes, et réussit à les convaincre de s’unir pour attaquer les toundjour qui s’enfuirent, laissant le pays aux troupes d’Abdelkerim.



Suite a cette victoire, les chefs maba voulurent qu’Abdelkerim devint leur sultan. Ils expliquèrent qu’il devait d’abord aller rencontrer leur ancêtre sur leur montagne sacrée, la montagne Tireya.



Au sommet de cette montagne, il y avait un trou dans les rochers. C’était le trou de l’ancêtre. Pendant sept jours, le sultan devait accomplir la cérémonie des sept stations sans laquelle aucun sultan n’aurait un réel pouvoir au ouaddai. Abdelkerim Djameh et ses compagnons montèrent sur la montagne. Chaque jour de la cérémonie, on sacrifia un enfant, garçon ou fille, et un bœuf de couleur foncée. Puis, de la chair de ses sacrifices, on préparait une sorte de pâté qu’on servait au sultan. Ce qu’il ne mangeait pas était jeté dans le fameux trou ; Ceci durant sept jours, jusqu’à ce que l’ancêtre sous forme d’un serpent géant sorte et entre en contact avec le nouveau sultan.

Ayant accompli tous ces rites, Abdelkerim Djameh devint sultan du ouaddai .Et jusqu’à ce jour, tous les sultans du ouaddai sont de sa lignée. Quand Abdelkerim revint de sa rencontre avec le serpent, il décida de fonder sa capitale au pied de cette montagne sacrée. C’est ainsi qu’il fonda Ouara et y fit construire une muraille d’enceinte, une première mosquée et la maison de Faki au centre de laquelle un pilier matérialisait le centre du ouaddai.





A ce moment là,le cirque montagneux dans lequel est situé Ouara était couvert d’arbres et de buissons au point qu’il était possible d’y égarer du bétail,et le nom Ouara viendrait d’un mot arabe signifiant Foret Touffue,Le règne d’Abdelkerim dura environ 20 années,1635-1655.



Son fils Harote lui succéda et régna plus de 20 ans, 1655-1678.C’est lui qui a transformé le village de Ouara en capitale du ouaddai. Il fit venir un architecte d’Egypte pour construire le palais royal.



Zurcher Evodie, auteur d’un article sur l’histoire du ouaddai publié en 2003 par la société internationale des langues, SIL, précise que Kharif, fils de Harote qui régna de 1678 à 1681 termina l’édification du palais royal commencé par son père puis fit mettre à mort l’architecte pour l’empêcher d’une part de réaliser dans un autre pays une œuvre semblable et d’autre part pour que les secrets de la construction du palais ne soient jamais dévoilés.



La présence française du Ouaddaï



Apres la reddition du sultan Doudmourra et l’éviction puis la mort de Acyl, les occupants français pensèrent s’être débarrassés de la dynastie Abbassides ouaddaienne, mais ils durent bientôt déchanter et constater qu’ils n’allaient pas si facilement venir à bout de la résistance passive des ouaddaiens qui firent tout pour freiner leurs projets de colonisation. Une période faite d’épreuves et d’adversité commença pour le pays.





Division Administrative



Les français firent du grand royaume du ouaddai un département qu’ils divisèrent en cinq (5) subdivisions : Abéché (également chef-lieu du département), Biltine, Adre, Am dam et Goz Beida. Ils mirent en place sept fonctionnaires pour administrer la subdivision d’Abéché .¨ces chefs de cantons mercenaires commirent des exactions sans nombre et par leur cupidité firent beaucoup souffrir la population¨ Le plus important était celui de Manjok, le faki Ahmed taha, allié des colonisateurs.



LE MOUVEMENT D’EMIGRATION VER LE SOUDAN



De 1912 à 1914, le pays souffre d’une grave famine, aggravée par la cupidité du commandant français du département qui revendrait très cher aux paysans affamés le mil réquisitionné. Cette famine a été surnommée ¨Am sadou¨, la famine ¨des cotes apparent¨

De plus, en 1913,13% du bétail du ouaddai mourut de la peste bovienne. Et en 1918, il y eut une deuxième épidémie de cette peste. Suite à tout ces malheur, le mouvement d’émigration ver le soudan qui à commence lors de la famine ¨Am ouadam ¨ s’accentua et très nombreux furent les ouaddaien qui préférèrent s’expatrier plutôt que de subir les infamies de la colonisation. Ils s’établirent surtout dans la région de djazira (dont le chef-lieu est Wad Madani) et dans la plaine fertile de la province de Kassala (entre l oued Gach et Nil Bleu) où les Anglais distribuaient des lopins de terre aux agricultures étrangers. La colonie ouaddaiennes au centre du soudan était estimée à environ 131000 personnes en 1957.

¨¨L’année des coupe-coupe ¨¨

Les français continuèrent à durcir leurs positions et à brimer tout tentative d’indépendance, réelle ou supposée. Même le sultan du Dar sila, Mohamed Bakhit, jugé comme un grand ¨admirateur de la civilisation français ¨, fut envoyé en 1916 en exil, sans égard pour son age avance et sa faiblesse physique, il arrive à lai si épuisé qu’il mourut le 29 décembre 1916. Il avait pourtant collabore de son mieux avec les occupants, mais ne reçut aucune preuve de reconnaissance de leur part.

A Abéché, en novembre 1917, le commandant Gérard, un homme venu de France en 1916 pour raisons disciplinaires, donna l’ordre d’assassiner à l’aube, sous un prétexte fallacieux, tous les hommes qui se trouvaient dans le TATA (ancien palais), ainsi que tous les ¨ouléma¨ (responsables religieux) du quartier Chig-El-Fekhara. Quatre vingt et un (81) hommes environ furent ainsi décapités sur l’ordre de ce criminel de guerre. Parmi ceux-ci l’Aguid Dokom, le Faki Azolo,l’imam Adam, le faki sambo Djameh, le faki Abderahmane et le faki Abdelhaq B. Abdel awali , tous des érudits religieux, ¨la fleur de l’élite intellectuelle du ouaddai ¨ . C’est pourquoi 1917 est appelé ¨année des coupe-coupe ¨. De nombreux dignitaires et des membres de la famille royale furent ensuite déportés au sud. Pire le commandant Gérard n’a jamais été juge pour ses crimes. Il a simplement été mis à la retraite anticipée.

Abéché était, en cette période, la seule ville digne de ce nom de toute l’Afrique Equatorial quand les Français sont arrivés. C’est au ouaddai, véritable empire multiethnique au XIXeme siècle, que se concentraient toutes les richesses du pays et les deux pistes les plus importantes de l’axe nord-sud et l’axe est-ouest passaient par Abéché, centre du commerce et de communication au sud du sahara.

Le ouaddai se retrouva exsangue suite à la famine ¨Am sabour¨, aux combat et l’émigration. La communauté dont Hilaire devait reconnaître de 700 000 habitants environ que comptait le ouaddai ç l’arrive des Français, il n’en restait que quelques années après 400 000 âmes environ.



Les activités socioéconomiques du ouaddai



C’était un royaume riche qui vivait du commerce et du trafic des esclaves ainsi que des tributs payés par les ETATS soumis. Il importait des vêtements, des armes, des bijoux, du thé, du sucre, des épices. Dans les rues des villages et surtout dans celles de la capitale, c’était un va-et-vient incessant de caravanes, de troupes en armes et aussi les pèlerins qui se rendaient à la macque.

Les paysans ne cultivent guerre plus de 10% de la superficie agricole utile. Ils y sèment surtout le mil et dans un moindre mesure du sorgho et de l’arachide. Les rendements sont moyens compte tenu de la pluviométrie : 600kg/ha pour le mil et 750 kg/ha pour les arachides coques. Les oueds connaissent des cultures d’oignons, de gombos, du piment, des tomates mais ne front pas l’objet de cultures intensives comme c’est le cas dans les polders du lac Tchad.

L’agriculture et l élevage sont des activités qui ne font guère apparaître de surplus commercialisable. La production des céréales est réservée à l’autoconsommation et les bêtes d’élevage sont très peu abattues pour la viande de consommation.

On relève toutefois une certaine exploitation clandestine de bétail sur pieds, le plus souvent vers le soudan et le nigeria. Cependant, la région du ouaddai a attiré l’attention des pouvoirs publics par ses possibilités dans la culture de l’arachide et la cueillette de la gomme arabique. La commercialisation de ces produits avait été assurée par la société Nationale de commercialisation du Tchad (sonacot) aujourd’hui fermée. Des interventions ont lieu pour accroître les récoltes grâce à une floraison d’ONG appuyées par les pouvoirs public.

La faiblesse des infrastructures et les troubles actuels ont gêné et gênent encore le progrès de ces opérations au ouaddai, mais l’espoir est permis.

Il y a aujourd’hui une nette amélioration des infrastructures notamment routières. Ce qui peut sérieusement relancer la croissance économique. On assiste lentement mais sùrement à quelques efforts caractérisés par :

-la modernisation des techniques agricoles par la diffusion de la fumure animale et de la culture attelée ;

-la réorganisation de la production de la gomme;

-la valorisation de la production animale (viande, beurre, peaux)

-l’amélioration des transports ;

-la construction de trois barrages hydro agricoles ;

...l’aménagement de 16 bassins versants pour 7157ha dont 700 de maraîchage ;

-la récupération de 240ha de terre érodée pour maraîchage.

Tels sont les éléments de la vie socio-économique du ouaddai tels qu’ils ont évolué de la fin du XIXeme siècle jusqu'à nos jours.



Quelques figures marquantes du ouaddai



L’histoire très tourmentée du ouaddai a débouche sur l’intrusion coloniale sur fonds d’activisme religieux dont les foyers se trouvent être l’Egypte puis le soudan, à travers l’Université d’Al Azhar et celle d’oum-Dorman. Le ouaddai a vu émerge des personnalités à la fois religieuses et politiques. Parmi les personnalités ayant marquées la vie religieuse les plus connues sont :

Mahamat Oulech,Adam Barka,Mahamat Ali Maa rouf,Abdoulaye Ousmane,Ibrahim Djabaye,Ahmat Djarma,Atteib Dahab,Mahamat Yakhoub Dabio,Ahmat Abdoulaye Moustapha.

A cote de ces notables religieux,des hommes politiques ont participé activement à la lutte pour l’indépendance puis ont amené la vie politique .Ce sont :Mahamat Ourada,Mahamat Djarma Khatir(Maire de Fort Lamy),Hissein Ousmane Abdoulaye qui fut ministre de l’élevage(1958-1959),Oucha
r Tourgoudi,plusieurs fois ministre,Abderahmane Doutoum,Cheikh Adam Barka,homme religieux et membre du bureau politique national,Abdelmoutif Taha,Tahir Abdeldjelil,Bourma Mahadi,Abbo Tadjedine,Mahamat Kouroussa Dahab,Arabi Al-goni.

Il y a aussi des députés comme Mahamat Doutoum, Moussa Mamady, Mahamat Soumigué, Malik Kikigne et Mahamat Daoud .Nous comptons enfin Mahamat Rahma Saleh et Issa Hassan Khayar .Ce dernier est sociologue,plusieurs fois ambassadeur,écrivain et actuellement secrétaire général de la commission national tchadienne pour l’UNESCO.

A Biltine,nous retiendrons :Abbo Nassour(plusieurs fois ministre),Outhman Issa Mahamat(ancien directeur général de l’huilerie d’Abéché) qui vient de s’éteindre,Ahmat Annadif,Bourma Tireya,Brahim Djadallah Rahab,Ahmed Senoussi Wadak(ancien conseiller territorial puis ministre),le sultan Mahamat Baroud du Dar tama et les députés Mahamat Issakha et Mahamat Abokora.



Dans le dar sila, il faut mentionner Brahim Moustapha.

Ces hommes dont la liste n’est pas exhaustive ont pleinement animé la vie politico religieuse au ouaddai et d’une façon ou d’une autre,ont contribué au développement social économique et culturel de la région et partant du Tchad .Oublier,ces hommes c’est mettre entre parenthèse un pan entier de la vie politique de la région du ouaddai .Le devoir de mémoire interpelle chacun de nous pour faire non seulement triompher leurs idéaux mais perpétuer dans l’esprit de la nouvelle génération et à travers les sages conseils dont on peut encore bénéficier,le changement qualitatif dans la continuité.



Conclusion générale



Au terme de ce survol de l’évolution de l’empire du ouaddai, ce qui frappe c’est la permanence du sacré inviolable qui assure la survie du royaume même après la mise en place de l’administration coloniale et l’ambition nationale nourrie par les différents souverains.

Comme tout empire, la précarité des ressources qui prive quelques dignitaires de leurs avantages, sera à l’origine de la décadence de l’empire.

On peut donc conclure dire que malgré tous les événements qui se sont produits entre ¨l’age d’or du ouaddai¨ sous le sultan Ali Silek et l’époque actuelle sous le sultan Ibrahim, même si le rôle du sultan a enormement évolué, il représente toujours la référence des maba.

En effet, si les autorités modernes dictent la loi à Abéché, c’est aux autorités traditionnelles que l’on s’adresse de préférence dans les villages pour régler les problèmes.


Partager cet article

commentaires

Mourra 20/09/2016 10:57

Je eu un constat pourquoi le maba de Malanga,Mandaba,Madala ont consacré pour ramener la paix entre les mabas,vous dites Kodoi,Ouled djama qui est le plus anciennes

  • : XibniY : BLOG DE MOHAMED SALEH IBNI OUMAR
  • XibniY : BLOG DE MOHAMED SALEH IBNI OUMAR
  • : Blog dédié à l'Histoire, à la Beauté et à l'Enseignement des Mathématiques. Contact: ioms001@yahoo.fr
  • Contact


PLAQUEIBNI.jpg

"Le Professeur Ibni est un mathématicien tchadien de renom, Ancien Directeur du CNAR (CNRS tchadien), Ancien Recteur et Ancien Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, il avait initié plusieurs jumelages avec des Universités Etrangères, au service de l’enseignement des sciences dans son pays et en Afrique plus généralement"

PRIXIBNI.jpg
Candidature au Prix Ibni