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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 13:15

 

Blog de MSCheikh Anta Diop – Le colloque du Caire

[Intervention sur le colloque du Caire]

In  “Les voix de l'écriture - Cheikh Anta Diop” - CD1, piste 6.

 

 « Lorsque l’Unesco m’a demandé de participer à la rédaction de l’histoire générale de l’Afrique j’ai dit que je ne pouvais pas sous prétexte qu’on écrit un ouvrage de portée mondiale, n’est-ce pas, m’exprimer par des euphémismes. Donc, il faut que toute la communauté scientifique se réunisse au Caire, qu’on débatte de cette question brûlante de l’origine africaine de Égypte et de l’origine nègre de Égypte et que tous les savants et spécialistes qui sont pas d’accord viennent ; et qu’on les avertisse deux ans à l’avance au moins, et qu’ils ne viennent pas dire qu’ils ne savaient pas ce qui les attendait. Je garantis la sérénité des débats, je garantis la courtoisie des débats, et du côté africain je ne serais qu’avec deux collaborateurs, deux qui comme moi pouvaient lire les hiéroglyphes, les autres je n’en ai pas besoin parce qu’ils ne pouvaient rien apportés ; et même des historiens qui utilisent des ouvrages de secondes mains sur cette question sont plus dangereux que ceux qui ne savent rien, parce qu’ils se prononcent sur des questions qu’ils ne connaissent pas et pour toutes sortes de raisons ils peuvent faire plus de mal que de bien.


Donc nous n’étions que deux finalement, le troisième même a eu un empêchement et cela permettait d’élargir la délégation occidentale et de faire venir tous ceux qui le voulaient. L’Amérique était représentée par son département même d’Egyptologie à Louqsor, l’Egypte était représentée par la cohorte de ses savants sur place, la France était représentée par ses meilleurs égyptologues, le professeur Vercouter et Leclant qui sont tous académiciens maintenant, Debono, la Scandinavie était représentée par l’académie Soderberg, ainsi de suite. »


« Maintenant, à propos du colloque du Caire ça a été un combat à armes courtoises (rires dans l’assistance), à la loyale, mais tout de même qui a permis de planifier un certains nombres de points. Je vous lis quelques dépositions :


« À propos de la culture égyptienne, le professeur Vercouter rappelle que pour nous l’Egypte est africaine dans son écriture, dans sa culture et dans sa manière de penser.

Le professeur Leclant (Leclant est devenu académicien depuis, il est le plus jeune membre de l’institut) reconnaît ce même caractère africain à la civilisation égyptienne dans son tempérament et dans sa manière de penser. »

Si c’est la culture qui était en jeu donc la cause est entendue (rires dans l’assistance). Il s’agissait de trouver la culture intérieure à laquelle il était légitime pour les africains de rattacher leur culture actuelle. Cette question a été tranchée par les débats du Caire. En tout cas voilà les dépositions de la bouche même de nos interlocuteurs, de ceux qui avaient été désigné pour discuter la question avec nous (applaudissements). Et le professeur Devisse a rédigé ce rapport avec une objectivité digne d’éloges, il faut le dire, mais dites-vous que ce rapport a été discuté points par points, ce que je vous dis ici c’est qui a été discuté à l’assemblée plénière du colloque et retenu comme le minimum sur lequel on était d’accord. Parce qu’il y a beaucoup de points de désaccords et vous lirez la totalité du rapport. Je vous lis seulement quelques points saillants ; il faudra lire l’ensemble pour avoir toutes les nuances. Alors à propos de la … sur ce point, à la différence des précédents, l’accord entre les participants s’est révélé large. Les éléments du rapport du professeur Diop et le rapport du professeur Obenga ont été considérés comme très constructifs. Et, le rapport continue : contre l’affirmation du professeur Diop que l’Egyptien [ancien] n’est pas une langue sémitique, le professeur Abdalla rappelle que l’opinion inverse a été souvent exprimée. Et voici la déposition du professeur Sauneron qui est le chef de file de l’égyptologie française, au bout de toutes ces discussions et après toutes les preuves que nous avons fournit au tableau ; je rappelle également pour que vous compreniez bien le sens des phrases que je vais vous lire que chaque fois que nous faisons une démonstration au tableau, Obenga et moi-même, nous insistions, je prenais soin d’insister sur la valeur de la méthode que nous appliquions et nous mettions l’érudition moderne au défi de montrer la moindre différence dans notre démarche scientifique, c'est-à-dire, de dire si nous appliquons les mêmes critères scientifiques dans leurs démonstrations que ceux qu’ils ont appliqué pour démontré l’existence de la famille indo-européenne ; et s’il s’est révélé que nous appliquons réellement les mêmes critères, il faut qu’ils le disent dans leur rapport. Parce qu’on avait l’habitude, vous savez, l’expérience sert à quelque chose, on avait l’habitude toujours dans les discussions de salon de dire que “oh, c’était un assemblage de mots, que c’est des rencontres hasardeuses, etc, etc.” alors donc tout ceci pouvait être jugé autrement. Alors voilà donc le professeur Sauneron. Courageusement,  le professeur Sauneron souligne l’intérêt de la méthode proposée par le professeur Obenga après le professeur Diop. L’égyptien est une langue stable durant au moins 4 500 ans. L’Egypte étant placée au point de convergence d’influences extérieures, il est normal que des emprunts aient été faits à des langues étrangères, mais il s’agit de quelques centaines de racines sémitiques par rapports à plusieurs milliers de mots. L’égyptien ne peut être isolé de son contexte africain, et le sémitique ne rend pas compte de sa naissance. Il est donc légitime de lui trouver des parents ou des cousins en Afrique. C’est le professeur Sauneron. Vous voyez donc que l’égyptologie a pris le virage de la façon la plus officielle. Voici la conclusion générale du rapport : la très minutieuse préparation des interventions des professeurs Cheikh Anta Diop et Obenga (rires dans l’assistance). Je lis, suivez bien parce que les phrases de ces rapports sont toujours carabinées alors, si vous ne suivez pas, le sens vous échappe. La très minutieuse préparation des interventions des professeurs Cheikh Anta Diop et Obenga n’a pas eu, malgré les précisions contenues dans le document de travail préparatoire envoyé par l’Unesco, une contrepartie toujours égale. Il s’en est suivi un réel déséquilibre dans les discussions (applaudissements). »

 

« Sur le plan de la méthodologie scientifique, il faut absolument être sévère avec soi-même. Si nous critiquons la partialité des autres pour tomber dans le même travers, ce n’est plus la peine. A ce moment aussi, nos œuvres, tout ce que nous aurons fait sera frappé de la même caducité. Je crois que sur le plan de la rigueur scientifique, il n’y a pas de concession à faire, il faut absolument être sévère avec soi-même. » (8 :30)

 

****


Évidemment quelques temps après leur retour les "grands égyptologues" ont crié au scandale et à la fourberie. Ils sont revenus sur les déclarations du rapport signé de leur main et l'égyptologie "classique" a continué comme si de rien n'était, à travailler sur des livres de "seconde main" 
Ignorant même les écrits de certains des précurseurs modernes de l'égyptologie, comme Champollion, le décrypteur des hiéroglyphes, (qui disait déjà que la civilisation égyptienne était une civilisation noire) et Volnet, l'égyptologue qui a voyagé avec Bonaparte en 1802 (idem).

 


à suivre...

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"Le Professeur Ibni est un mathématicien tchadien de renom, Ancien Directeur du CNAR (CNRS tchadien), Ancien Recteur et Ancien Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, il avait initié plusieurs jumelages avec des Universités Etrangères, au service de l’enseignement des sciences dans son pays et en Afrique plus généralement"

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