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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 08:50

 

 

 

Al-Jinn est le nom de cette sourate puisqu’il s’agit du thème abordé. En effet, dans cette sourate, le fait que les Jinns entendent le Coran et qu’ils aillent auprès des leurs pour prêcher l’Islam est relaté en détail.

Période de Révélation

Selon un hadith relaté par Al-Bukhâri et Muslim, d’après `Abd Allâh Ibn Abbas, une fois, le Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui, partait visiter la foire de `Ukâdh avec quelques uns de ses compagnons. Sur le chemin, la prière al-fajr fut guidée à Nakhlah. A cet instant, un groupe de Jinns passait au même endroit. Lorsqu’ils entendirent la récitation du Coran, ils restèrent et écoutèrent attentivement.

La plupart des commentateurs, sur la base de ce hadith, pensent qu’il relate l’histoire du fameux voyage du Prophète — paix et bénédictions sur lui — vers Tâ’if, qui avait eu lieu 3 années avant l’Hégire, lors de la dixième année de la Mission Prophétique. Mais cela n’est pas correct pour diverses raisons. L’histoire des Jinns entendant le Coran durant le voyage vers Tâ’if a été relatée dans la sourate Al-Ahqâf v29-32. Une lecture rapide de ces versets montre que les Jinns qui ont cru après avoir entendu le Coran à cette occasion croyaient déjà au Prophète Moïse — paix et bénédictions sur lui — et aux écritures précédentes. Au contraire, les versets 2-7 de cette sourate montrent clairement que les Jinns qui entendirent le Coran à cette occasion étaient polythéistes et qu’ils reniaient l’Au-delà ainsi que la Prophétie. Puis, il a été confirmé historiquement que lors de son voyage à Tâ’if, personne n’accompagnait le Prophète — paix et bénédictions sur lui — à part son compagnon Zayd Ibn Hârith. Au contraire, en ce qui concerne ce voyage-ci, Ibn `Abbâs a dit que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — était accompagné de quelques uns de ses compagnons. De plus, les récits confirment que lors de ce voyage, les Jinns entendirent le Coran alors que le Prophète s’était arrêté à Nakhlah, sur le chemin du retour entre Tâ’if et la Mecque. Alors que lors du voyage traité dans cette sourate, selon les récits d’Ibn Abbas, l’événement des Jinns entendant le Coran a eu lieu alors que le Prophète voyageait entre `Ukâdh et la Mecque. Ainsi, en vue de ces raisons, il est plus correct de dire que dans les deux sourates Al-Ahqaf et Al-Jinn, il n’est pas question d’un seul et même événement, mais bien de deux événements distincts, qui eurent lieu lors de voyages différents.

Aussi loin que la sourate Al-Ahqaf est concernée, il fut reconnu que les événements qui y sont mentionnés eurent lieu sur le chemin du retour de Tâ’if, lors de la dixième année de la Prophétie. Pour ce qui est de savoir quand est-ce que le second événement a eu lieu, la réponse n’a pas été donnée pas Ibn `Abbâs dans ses récits. De plus, aucune autre narration ne précise la période à laquelle le Prophète s’est rendu à la foire de `Ukâdh avec quelques uns de ses compagnons. Cependant, si l’on s’attarde sur les versets 8-10 de cette sourate, on s’aperçoit qu’il ne peut s’agir que d’un événement des premiers instants de la Mission Prophétique. Dans ces versets, il est dit qu’avant que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — n’hérite de la Mission Divine, les Jinns avaient de temps à autres l’occasion de tendre l’oreille vers les cieux afin d’avoir des nouvelles de l’Invisible, mais après cela, ils s’aperçurent soudainement que des anges avaient été postés comme gardes et que des météorites étaient lancées de toutes parts pour qu’ils ne puissent pas être en sécurité là où ils pouvaient entendre les nouvelles secrètes. De ce fait, ils se mirent à chercher la chose exceptionnelle qui était en train, ou sur le point, de se passer sur terre et pour laquelle les mesures de sécurité avaient été renforcées. Probablement du fait que plusieurs groupes de Jinns aient cherché cette chose exceptionnelle et que l’un d’entre eux entendit le Coran récité par le Prophète — paix et bénédictions sur lui —, ils se mirent à penser que c’était la raison pour laquelle les portes du Ciel s’étaient fermées aux Jinns.

La réalité des Jinns

Avant de commencer l’étude de cette sourate, il faut d’abord connaître clairement la réalité des Jinns afin d’éviter toute confusion éventuelle. Beaucoup de personnes des temps modernes pensent, à tort, que les Jinns ne sont pas réels, mais qu’ils ne sont qu’un reste de superstitions et de mythes anciens. Cependant, ils n’ont pas basé cette opinion sur le fait qu’ils connaissent toutes les réalités et les vérités de l’univers et qu’ils ont découverts que les Jinns n’existaient pas. Ils ne peuvent pas dire qu’ils possèdent quelque connaissance que ce soit à ce sujet. Mais ils ont supposé, sans raison ni preuve, que rien n’existe dans l’univers à part ce qu’ils peuvent voir, alors que la sphère des perceptions humaines par rapport à l’immensité de l’univers n’est même pas comparable à une goutte d’eau par rapport à un océan. Ici, celui qui pense que ce qu’il ne perçoit pas n’existe pas et que ce qui existe doit nécessairement être perçu, fait preuve d’une grande étroitesse d’esprit. Avec ce mode de pensée, sans parler des Jinns, l’homme ne peut même pas accepter et reconnaître quelque réalité que ce soit qu’il ne puisse pas observer ou ressentir directement, et il ne peut même pas admettre l’existence de Dieu.

Les musulmans qui ont été fortement influencés par le modernisme mais qui ne peuvent pas non plus nier le contenu du Coran, ont donné des interprétations étranges à des affirmations claires contenues dans le Coran à propos des Jinns, d’Iblis et de Satan. Ils disent que cela ne fait référence à aucune création cachée qui pourrait avoir sa propre existence indépendante, mais que cela fait parfois référence aux forces animales de l’homme, qui ont été appelées Satan, que parfois il peut s’agir de tribus des montagnes vastes et sauvages, ou encore des personnes qui écoutaient le Coran en secret. Mais les affirmations faites dans le Coran à ce sujet sont si claires et explicites que ces interprétations n’ont aucune pertinence.

Le Coran mentionne fréquemment les Jinns et les Hommes d’une manière qui indique qu’il s’agit bien de deux créations distinctes. A ce sujet, voir les sourates Al-A`râf v 38, Hûd v 119, Ha Mim As-Sajdah v 25-29 , Al-Ahqaf v 18, Adh-Dhâriyât v 56, et la sourate Ar-Rahman en entier. Ces versets contiennent des preuves claires qui ne laissent la place à aucun doute concernant les Jinns en tant que créatures de Dieu.

Dans les sourates Al-Ahqaf v 12, Al-Hijr v 26-27, et Ar-Rahman v 14-19, il est expressément affirmé que les hommes ont été crées d’argile et les Jinns de feu.

Dans la sourate Al-Hijr v 27, il est dit que les Jinns ont été crées avant les hommes. Ceci est confirmé par l’histoire d’Adam et Eve qui est relaté à 7 reprises dans le Coran et, à chacun de ces endroits, il est confirmé qu’Iblis était déjà là lors de la création de l’homme. De plus, dans la sourate Al-Kahf v 50, il est aussi dit qu’Iblis appartient aux Jinns.

Dans la sourate Al-A`râf v 27, il est dit de façon claire que les Jinns voient les êtres humains mais que ces derniers ne les voient pas.

Dans les sourates Al-Hijr v 16-18, As-Sâffât v 6-10 et Al-Mulk v 5, il est dit que même si les Jinns peuvent accéder aux cieux, ils ne peuvent cependant pas dépasser une certaine limite, s’ils essayent d’aller au-delà de cette limite et tentent d’entendre ce qui se passent dans les cieux alors qu’ils n’y sont pas autorisés, et s’ils essayent de tendre l’oreille, ils sont chassés par des météorites. De ce fait, les croyances des arabes polythéistes que les Jinns possèdent la connaissance de l’Invisible (Ghayb) ou bien qu’ils accèdent aux secrets Divins ont été réfutées. Cette même erreur est également réfutée par la sourate Saba’ v 14.

Les sourates Al-Baqarah v 30-34 et Al-Kahf v 50 montrent qu’Allah a confié à l’homme la lieutenance sur terre et que l’homme est supérieur aux Jinns. Bien que les Jinns aient reçu certains pouvoirs et habilités extraordinaires dont nous avons un exemple dans la sourate An-Naml v39, les animaux, de la même manière, ont reçu certains pouvoir supérieurs à ceux des hommes, mais ceci n’est pas un argument pour dire que les animaux sont supérieurs aux hommes.

Le Coran explique également que les Jinns, tout comme les hommes, sont une création dotée de pouvoir et de responsabilités et qu’ils peuvent, au même titre qu’eux, choisir entre l’obéissance et la désobéissance, la foi et la mécréance. Ce fait est confirmé par l’histoire de Satan et l’anecdote des Jinns affirmant leur foi que l’on retrouve dans les sourates Al-Ahqâf et Al-Jinn.

A plusieurs reprises dans le Coran, il est également dit qu’Iblis au moment de la création d’Adam, s’est résolu à égarer les humains, et depuis ce jour, les Jinns sataniques ont tenté avec persistance de détourner l’homme, mais ils n’ont pas le pouvoir de les dominer et de leur faire faire quelque chose de force. Cependant, ils lui insufflent le mal, tentent de le séduire, essaient de le tromper et lui font percevoir le mal comme étant un bien. A ce sujet, voir les sourates An-Nisâ’ v 117-120, Al-A`râf v 11-17, Ibrâhîm v 22, Al-Hijr v 30-42, An-Nahl v 98-100, Al-Isrâ’ v 61-65.

Le Coran nous apprend également que lors de la Jâhiliyyah (ignorance de l’ère pré-islamique), les arabes polythéistes considéraient les Jinns comme des associés de Dieu, les vénéraient et pensaient qu’ils descendaient de Dieu. Pour cela, on peut se référer aux sourates Al-An’am v 100, Saba’ v 40-41, As-Sâffât v 158.

D’après ces détails, il devient clair que les Jinns ont leur propre existence objective et qu’il sont une création secrète d’une espèce totalement différente des hommes. Du fait de leurs mystérieuses qualités, les ignorants ont fortement exagéré les notions et les concepts concernant les Jinns et leurs pouvoirs, ils les ont même vénérés, mais le Coran explique la vérité à leur sujet, en montrant ce qu’ils sont et ce qu’ils ne sont pas.

Thème

Les versets 1-15 de cette sourate décrivent ce que fut l’impact du Coran sur le groupe de Jinns qui l’entendirent et ce qu’ils répétèrent à leurs compagnons lorsqu’ils les retrouvèrent. Allah n’a pas reproduit ici toute leur conversation mais il a seulement mis des passages saillants. Ceci est raison pour laquelle le style n’est pas un discours continu mais plutôt des phrases citées afin d’indiquer qu’ils ont dit ceci ou cela. En étudiant avec précaution les phrases prononcées par les Jinns, on peut facilement comprendre le véritable but de l’évocation dans le Coran de cet événement où ils affirment leur profession de foi et où ils conversent avec les leurs.

Après cela, les versets 16-18, contiennent un avertissement : " S’ils se maintenaient sur la voie droite, nous les abreuverions d’une eau abondante pour les éprouver. Dieu conduira vers un châtiment de plus en plus fort quiconque se détourne de rappel de son Seigneur. Puis, dans les versets 19-23, le reproche suivant est fait aux mécréants de la Mecque : " Quand le serviteur de Dieu s’est levé pour l’invoquer, peu s’en fallut qu’ils ne se pressent en foule autour de lui. Dis : je n’invoque que mon seigneur et je ne lui associe personne". Dis : " nul ne me protège contre Dieu ; je ne trouverai pas de refuge en dehors de Lui, sauf en transmettant une communication et des messages de Dieu ". Le feu de la Géhenne est destiné à ceux qui désobéissent à Dieu et à son Prophète. Ils y demeureront à tout jamais et y résideront éternellement". Puis dans les versets 24-25, les mécréants sont avertis que : " Quand ils verront la réalisation de ce qui leur a été promis, ils sauront qui est le plus faible en secours et qui est inférieur en nombre. Dis : " je ne sais si ce qui vous est promis est proche, ou bien si mon Seigneur lui assignera un délai ".

En conclusion, il est dit aux gens que le seul qui connaît l’Invisible (Ghayb) est Allah, uniquement. Le Messager — paix et bénédictions sur lui — reçoit seulement ce qu’Allah désire lui envoyer. Cette connaissance se rapporte à l’exécution des devoirs de la Mission Prophétique et elle est délivrée au Messager — paix et bénédictions sur lui — avec une sécurité telle qu’elle n’admet nulle interférence extérieure.

MS XibniY : LE BLOG DE MOHAMED SALEH IBNI OUMAR - dans MATHEMATIQUES DU CORAN
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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 07:38

 

 

Le nom de cette sourate provient du mot as-sâffât par lequel elle débute.

Période de Révélation

Le thème et le style employés montrent que cette sourate fut probablement révélée au milieu de la période mecquoise ou peut-être à la fin de cette période. Le style indique clairement que la situation était très conflictuelle. L’opposition au Prophète — paix et bénédictions sur lui — était au plus fort. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — et ses compagnons traversaient des moments véritablement difficiles et décourageants.

Thème

Les mécréants mecquois furent sévèrement avertis pour leur attitude de moquerie et de mépris à l’égard du message prophétique prêchant le Monothéisme et la résurrection et pour leur refus total d’accepter et de reconnaître la mission prophétique. Par la suite, ils ont été clairement avertis que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — dont ils se moquaient et ridiculisaient les propos les dominerait malgré leur puissance et leur richesse et qu’ils trouveraient l’Armée d’Allah campant dans les cours mêmes de leurs maisons (versets 171 à 179). Cet avertissement fut lancé à un moment où n’apparaissait aucune chance de succès ni de triomphe du Prophète — paix et bénédictions sur lui.

Les Musulmans, qualifiés dans ces versets de soldats de Dieu, étaient la cible de sévères persécutions. Les trois quarts avaient déjà émigré et à peine quarante à cinquante Compagnons étaient restés avec le Prophète — paix et bénédictions sur lui — à la Mecque où ils supportaient, totalement impuissants, toutes sortes d’humiliations. Dans ces circonstances, et au vu de telles conditions, nul ne pouvait imaginer que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — et la poignée de Compagnons fort mal équipés, parviendraient finalement à la victoire.

Les gens pensaient plutôt que ce nouveau mouvement s’éteindrait rapidement et finirait par être enterré au fin fond des ravins de la Mecque. Mais à peine quinze à seize ans s’étaient écoulés, que l’avertissement fut réalisé avec la Conquête de la Mecque. En plus de ces mises en garde, Allâh donna également dans cette sourate toutes leur place aux thèmes de l’incitation à la foi et de l’instruction à transmettre de façon équilibrée.

Des arguments brefs mais percutants furent apportés quant à la validité des doctrines du Monothéisme et de l’Au-delà. Une critique fut faite du credo des associateurs démontrant l’absurdité de leurs croyances. Ils furent informés des conséquences désastreuses de leurs déviations, comparées aux fruits splendides de la foi et des actes justes. Puis, dans une même continuité, des précédents historiques furent rappelés pour montrer comment Allâh — Exalté et Glorifié soit-Il — avait traité Ses Prophètes et leurs disciples : comment Il avait comblé ses fidèles serviteurs et puni leurs détracteurs et contradicteurs.

Le plus instructif des récits historiques présentés dans cette sourate est l’événement important de la vie pieuse du Prophète Abraham, qui fût prêt à sacrifier son fils unique dés qu’il reçut l’inspiration de Dieu lui intimant de le faire. En cela, il y avait une leçon non seulement pour les Quraysh mécréants, qui s’infatuaient de leurs liens de sang avec Abraham, mais aussi pour les Musulmans qui avaient cru en Allâh et en Son Messager. En relatant cet événement, on leur indiqua le véritable esprit et l’essence même de l’Islam et comment un véritable croyant devait être : prêt à tout sacrifier pour la satisfaction et l’agrément de Dieu, une fois qu’il adopte le Message comme Foi et Crédo.

Les derniers versets de la Sourate furent non seulement un avertissement pour les mécréants, mais aussi une bonne nouvelle pour les disciples qui passaient par des situations extrêmement défavorables et décourageantes, du fait de leur soutien au Prophète — paix et bénédictions sur lui — et de leur adhésion au Message. Dans ces versets, de bonnes nouvelles furent annoncées aux croyants : ils ne devaient pas être découragés par les privations et les difficultés qu’ils auraient à rencontrer au début de la Mission car, à la fin, ils auraient la suprématie tandis que les arrogants colporteurs de mensonges, qui semblaient invincibles à l’époque, seraient écrasés et vaincus par leurs propres mains. Quelques années plus tard, la tournure prise par les événements prouva qu’il ne s’agissait pas d’une consolation creuse, mais bien d’une réalité inéluctable dont ils avaient été prévenus afin de renforcer leurs cœurs.

MS XibniY : LE BLOG DE MOHAMED SALEH IBNI OUMAR - dans MATHEMATIQUES DU CORAN
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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 09:41

 

 

 

Le titre vient de la phrase « idhâ nûdiya lis-salâti min yawm il-jumu`ati » (quand on appelle à la prière le vendredi) du verset 9. Même si dans cette sourate des ordonnances à propos de la prière du Vendredi ont été données, cette prière n’est pas le thème de tout son contenu, mais ce nom, comme le nom d’autres sourates, est seulement un titre symbolique.

Période de Révélation

La période de la révélation de la première partie (versets1 à 8) est l’année 7 de l’hégire, et elle a été probablement révélée à l’occasion de la conquête de Khaybar ou peu de temps après. Al-Bukhârî, Muslim, At-Tirmidhî, An-Nasâ’î et Ibn Jarîr ont relaté de la part d’Abû Hurayrah que lui et d’autres compagnons étaient assis dans l’assemblée du Prophète — paix et bénédictions sur lui — quand ces versets ont été révélés. A propos d’Abû Hurayrah, il est confirmé historiquement qu’il est entré dans l’Islam après la trève de Hudaybiyah et avant la conquête de Khaybar. Or, Khaybar a été conquise, selon Ibn Hishâm, au mois de Muharram, et selon Ibn Sa`d, au mois de Jumâdâ Al-Ûlâ de l’année 7. Donc, vraisemblablement, il se peut qu’Allah ait envoyé ces versets en s’adressant aux juifs, quand leur dernier bastion est tombé aux mains des musulmans, ou qu’ils aient été révélés quand, au vu du sort de Khaybar, toutes les colonies juives du Hijâz du Nord se sont rendues aux gouvernements islamiques.

La deuxième partie (versets 9 à 11) a été envoyée peu de temps après l’hégire, car le Prophète — paix et bénédictions sur lui — a institué la prière du vendredi le 5ème jour de son arrivée à Médine. L’incident dont il est fait référence dans le dernier verset de cette partie a probablement eu lieu à un moment où les gens n’avaient pas reçu tout l’enseignement sur les bonnes manières à observer lors des congrégations religieuses.

Thème et Contenu

Comme nous l’avons expliqué ci-dessus, les deux parties de cette sourate ont été révélées à deux périodes différentes. C’est pourquoi leur thème ainsi que leur but sont différents. Même s’il y a une harmonie entre elles du fait qu’elles constituent une même sourate, nous pouvons cependant comprendre leurs thèmes séparément avant de s’intéresser à la question de leur harmonie.

La première partie a été révélée au temps où les efforts des juifs pour entraver le message de l’Islam, durant les six dernières années, avaient échoués. Tout d’abord, à Médine, trois de leurs puissantes tribus avaient fait tout ce qu’elles pouvaient pour faire échouer la mission du Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Le résultat fut que l’une de ces tribu a été complètement exterminée et que les deux autres se sont exilées. Ensuite, par leurs conspirations, ils ont rassemblé un grand nombre de tribus arabes pour marcher sur Médine, mais elles ont toutes été repoussées lors de la bataille de la Tranchée. Suite à cela, Khaybar est devenu leur bastion, où un grand nombre de juifs expulsés de Médine avaient aussi pris refuge. A ce moment, ces versets ont été révélés et les juifs, sur leur propre demande, ont accepté de vivre là, en tant que résidents des musulmans. Après cette dernière défaite, le pouvoir des Juifs en Arabie a pris fin. Puis, Wadî Al-Qurâ, Fadak Taima’, Tabûk se sont toutes rendues, les unes après les autres, à tel point que tous les juifs d’Arabie sont devenus soumis à ce même Islam qu’ils n’étaient pas prêts à tolérer auparavant. C’est à cette occasion qu’Allah Tout Puissant s’est adressé à eux une fois de plus dans cette sourate, et c’est probablement la dernière parole qui leur a été adressée dans le Coran. Ici, il leur a été rappelé les choses suivantes :

  1. « Vous avez refusé de croire en ce Messager seulement parce qu’il est né parmi des gens que vous appelez dédaigneusement les Gentils. Vous aviez la fausse illusion que le Messager devait nécessairement appartenir à votre communauté. Vous semblez avoir été convaincus que quiconque clamant être un Prophète en dehors de votre communauté devait être un imposteur car cela était réservé pour votre race, et qu’un Messager ne pourra jamais venir des Gentils. Mais parmi ces mêmes Gentils, Allah a désigné un Messager qui récite Son livre devant vos yeux, qui purifie les âmes, et qui montre le droit chemin aux gens dont les méfaits sont bien connus de vous. Telle est la Bonté d’Allah, qu’Il accorde à qui Il veut. Vous n’en avez pas le monopole pour qu’il ne l’accorde qu’à ceux que vous voulez et qu’il la refuse à ceux à qui vous voulez qu’elle soit refusée. »
  2. « Vous avez été désignés pour être les porteurs de la Torah, mais vous n’avez pas compris votre responsabilité à son égard ni ne l’avez appliquée comme vous auriez dû le faire. Vous êtes comme l’âne chargé de livres qui ignore quel fardeau il porte. Vous êtes même pire que l’âne, car l’âne est dépourvu d’entendement alors que vous êtes pourvus d’intelligence. Non seulement vous fuyez votre responsabilité d’être les porteurs du livre de Dieu, mais en plus, vous n’hésitez pas à démentir délibérément les révélations d’Allah. Mais, vous avez l ’illusion d’être les préférés d’Allah et que la grâce de la prophétie a été réservée pour vous seuls. Plus encore, vous semblez entretenir l’idée que peu importe si vous appliquez l’ordre d’Allah ou non, dans tous les cas, Allah serait tenu de ne désigner de porteurs de son message en dehors de vous. »
  3. « Si vous étiez réellement les préférés d’Allah et étiez sûrs d’avoir une place d’honneur et un haut rang réservé par lui, vous n’auriez pas si peur de la mort au point de préférer une vie honteuse à la mort. C’est seulement à cause de cette peur de la mort que vous avez connu humiliation après humiliation durant les dernières années. Cette condition est par elle-même une preuve que vous êtes totalement conscients de vos méfaits, et votre esprit est conscient que si vous mourez avec ces méfaits, vous rencontrerez une honte face à Allah encore plus grande dans l’au-delà qu’ici bas. »

Tel est le thème de cette première partie.

La deuxième partie, qui a été envoyée plusieurs années plus tard, a été ajdointe à cette sourate car Allah y a attribué par Sa bienfaisance le vendredi aux musulmans en comparaison au sabat des juifs, et Allah a voulu avertir les musulmans de ne pas traiter leur vendredi comme les juifs ont traité leur sabat. Cette partie a été révélée lorsqu’une caravane de commerce est arrivée à Médine juste à l’heure de la prière du vendredi, et entendant son vacarme et ses caisses, l’audience, à l’exception de douze hommes, a laissé la mosquée du Prophète — paix et bénédictions sur lui — et s’est ruée dehors vers la caravane, alors qu’à ce moment le Prophète — paix et bénédictions sur lui — était en train de faire son discours. Sur ce, il a été déclaré qu’une fois l’appel de la prière du vendredi entendu, tous commerces et affaires et autres occupations sont interdits. Les croyants doivent donc suspendre tout type de transaction et se hâter vers le rappel d’Allah. Cependant, une fois que la prière est terminée, ils ont le droit de se disperser et de retrouver leurs occupations normales. Cette partie pourrait être une sourate indépendante en vue des commandements qu’elle contient à propos de la prière du vendredi, et pourrait également faire partie d’autres sourates, néanmoins, elle est incluse ici, particulièrement avec des versets où les juifs sont avertis des causes de leur fin épouvantable. Sa sagesse, à notre avis, est telle que nous l’avons expliquée ci-dessus.

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 07:06

 

 

Sourate Al-Hujurât (Les Appartements)

Cette sourate tire son nom du verset 4 dans lequel figure le mot hujurât (appartements).

Période de Révélation

Les traditions, tout comme le sujet traité dans la sourate, montrent que cette sourate est une compilation des commandements et d’instructions envoyés à diverses occasions, et rassemblés en raison de la pertinence du thème. De plus, les traditions indiquent que la plupart de ces commandements ont été envoyés durant la dernière phase de la vie du Saint Prophète — paix et bénédictions sur lui — à Médine. Par exemple, au verset 4, les commentateurs affirment qu’elle a été révélé à propos de Banû Tamîm. Leur délégation venait d’arriver à Médine et appelait le Saint Prophète — paix et bénédictions sur lui — de l’extérieur des appartements de ses épouses, et selon les biographies du Saint Prophète — paix et bénédictions sur lui — cette délégation s’était rendue à Médine en l’an 9 A.H. De même, de nombreux hadîths confirment que le verset 6 a été révélé à propos d’Al-Walîd Ibn `Uqbah que le Saint Prophète — paix et bénédictions sur lui — avait envoyé collecter le zakât des Banû Al-Mustaliq, et Al-Walîd Ibn `Uqbah est connu pour s’être converti à l’Islam lors de la conquête de la Mecque.

Thèmes et Sujets Abordés

Cette sourate veut enseigner aux musulmans les bonnes manières qui doivent qualifier un vrai croyant. Les cinq premiers versets leur donnent les manières qu’ils devraient observer par rapport à Allâh et à Son Messager.

D’autre part, la sourate donne l’instruction qu’il n’est pas juste de croire à toutes les nouvelles que l’on reçoit et d’agir par rapport à elles sans mure réflexion. Si l’on reçoit une information sur une personne, un groupe ou une communauté, on se doit de vérifier avec attention les sources. Si les sources ne sont pas fiables, l’information doit être vérifiée et examinée pour s’assurer de son authenticité avant de décider de la marche à suivre.

Plus loin, la sourate indique quelle attitude les autres Musulmans doivent adopter dans le cas où deux groupes de musulmans entrent en conflit mutuel. Les musulmans sont exhortés à se protéger contre les maux qui corrompent la vie collective et gâtent les relations mutuelles. Se moquer, se railler les uns les autres, user de sobriquets les uns vis-à-vis des autres, créer la suspicion, interférer dans les affaires des autres et médire sont des maux qui sont non seulement des péchés en eux-mêmes mais aussi qui corrompent la société. Allâh a mentionné tous ces maux un à un et les a déclarés illicites.

Ensuite, la sourate s’attache à condamner les distinctions raciales et nationales qui causent la corruption universelle dans ce monde. Qu’est ce qui contribue aux injustices et à la tyrannie de ce monde ? La fierté que certains vouent à leur ascendance que ce soit la nation, la tribu ou la famille, leur manière de considérer les autres comme étant inférieurs, le fait de rabaisser les autres seulement pour asseoir leur supériorité. Dans un verset concis, Allâh a coupé à la racine ce mal en affirmant que tous les hommes sont des descendants d’un même couple et leur division en tribus et communautés est seulement dans le seul but de la reconnaissance, non pas pour la vantardise ni la fierté, et il n’y aucune base légale de la supériorité d’un homme sur un autre si ce n’est sur la base de l’excellence morale.

En conclusion, les hommes ont été prévenus que ce qui importe vraiment ce n’est pas la Profession de Foi mais de croire réellement en Allâh et en Son Messager, de leur obéir dans la vie pratique et d’ impliquer sincèrement sa propre personne et sa richesse pour la cause d’Allâh. Les vrais croyants sont uniquement ceux qui adoptent cette attitude. Quant à ceux qui professent l’Islam seulement oralement et non du fond du cœur et ensuite se comportent comme s’ils avaient fait une faveur en acceptant l’islam, ils peuvent être comptabilisés comme des musulmans dans ce monde, ils peuvent même être traités comme des musulmans en société, mais ils ne peuvent pas être considérés comme des croyants aux yeux d’Allâh.

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"Le Professeur Ibni est un mathématicien tchadien de renom, Ancien Directeur du CNAR (CNRS tchadien), Ancien Recteur et Ancien Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, il avait initié plusieurs jumelages avec des Universités Etrangères, au service de l’enseignement des sciences dans son pays et en Afrique plus généralement"

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