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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 08:50

 

 

 

Al-Jinn est le nom de cette sourate puisqu’il s’agit du thème abordé. En effet, dans cette sourate, le fait que les Jinns entendent le Coran et qu’ils aillent auprès des leurs pour prêcher l’Islam est relaté en détail.

Période de Révélation

Selon un hadith relaté par Al-Bukhâri et Muslim, d’après `Abd Allâh Ibn Abbas, une fois, le Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui, partait visiter la foire de `Ukâdh avec quelques uns de ses compagnons. Sur le chemin, la prière al-fajr fut guidée à Nakhlah. A cet instant, un groupe de Jinns passait au même endroit. Lorsqu’ils entendirent la récitation du Coran, ils restèrent et écoutèrent attentivement.

La plupart des commentateurs, sur la base de ce hadith, pensent qu’il relate l’histoire du fameux voyage du Prophète — paix et bénédictions sur lui — vers Tâ’if, qui avait eu lieu 3 années avant l’Hégire, lors de la dixième année de la Mission Prophétique. Mais cela n’est pas correct pour diverses raisons. L’histoire des Jinns entendant le Coran durant le voyage vers Tâ’if a été relatée dans la sourate Al-Ahqâf v29-32. Une lecture rapide de ces versets montre que les Jinns qui ont cru après avoir entendu le Coran à cette occasion croyaient déjà au Prophète Moïse — paix et bénédictions sur lui — et aux écritures précédentes. Au contraire, les versets 2-7 de cette sourate montrent clairement que les Jinns qui entendirent le Coran à cette occasion étaient polythéistes et qu’ils reniaient l’Au-delà ainsi que la Prophétie. Puis, il a été confirmé historiquement que lors de son voyage à Tâ’if, personne n’accompagnait le Prophète — paix et bénédictions sur lui — à part son compagnon Zayd Ibn Hârith. Au contraire, en ce qui concerne ce voyage-ci, Ibn `Abbâs a dit que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — était accompagné de quelques uns de ses compagnons. De plus, les récits confirment que lors de ce voyage, les Jinns entendirent le Coran alors que le Prophète s’était arrêté à Nakhlah, sur le chemin du retour entre Tâ’if et la Mecque. Alors que lors du voyage traité dans cette sourate, selon les récits d’Ibn Abbas, l’événement des Jinns entendant le Coran a eu lieu alors que le Prophète voyageait entre `Ukâdh et la Mecque. Ainsi, en vue de ces raisons, il est plus correct de dire que dans les deux sourates Al-Ahqaf et Al-Jinn, il n’est pas question d’un seul et même événement, mais bien de deux événements distincts, qui eurent lieu lors de voyages différents.

Aussi loin que la sourate Al-Ahqaf est concernée, il fut reconnu que les événements qui y sont mentionnés eurent lieu sur le chemin du retour de Tâ’if, lors de la dixième année de la Prophétie. Pour ce qui est de savoir quand est-ce que le second événement a eu lieu, la réponse n’a pas été donnée pas Ibn `Abbâs dans ses récits. De plus, aucune autre narration ne précise la période à laquelle le Prophète s’est rendu à la foire de `Ukâdh avec quelques uns de ses compagnons. Cependant, si l’on s’attarde sur les versets 8-10 de cette sourate, on s’aperçoit qu’il ne peut s’agir que d’un événement des premiers instants de la Mission Prophétique. Dans ces versets, il est dit qu’avant que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — n’hérite de la Mission Divine, les Jinns avaient de temps à autres l’occasion de tendre l’oreille vers les cieux afin d’avoir des nouvelles de l’Invisible, mais après cela, ils s’aperçurent soudainement que des anges avaient été postés comme gardes et que des météorites étaient lancées de toutes parts pour qu’ils ne puissent pas être en sécurité là où ils pouvaient entendre les nouvelles secrètes. De ce fait, ils se mirent à chercher la chose exceptionnelle qui était en train, ou sur le point, de se passer sur terre et pour laquelle les mesures de sécurité avaient été renforcées. Probablement du fait que plusieurs groupes de Jinns aient cherché cette chose exceptionnelle et que l’un d’entre eux entendit le Coran récité par le Prophète — paix et bénédictions sur lui —, ils se mirent à penser que c’était la raison pour laquelle les portes du Ciel s’étaient fermées aux Jinns.

La réalité des Jinns

Avant de commencer l’étude de cette sourate, il faut d’abord connaître clairement la réalité des Jinns afin d’éviter toute confusion éventuelle. Beaucoup de personnes des temps modernes pensent, à tort, que les Jinns ne sont pas réels, mais qu’ils ne sont qu’un reste de superstitions et de mythes anciens. Cependant, ils n’ont pas basé cette opinion sur le fait qu’ils connaissent toutes les réalités et les vérités de l’univers et qu’ils ont découverts que les Jinns n’existaient pas. Ils ne peuvent pas dire qu’ils possèdent quelque connaissance que ce soit à ce sujet. Mais ils ont supposé, sans raison ni preuve, que rien n’existe dans l’univers à part ce qu’ils peuvent voir, alors que la sphère des perceptions humaines par rapport à l’immensité de l’univers n’est même pas comparable à une goutte d’eau par rapport à un océan. Ici, celui qui pense que ce qu’il ne perçoit pas n’existe pas et que ce qui existe doit nécessairement être perçu, fait preuve d’une grande étroitesse d’esprit. Avec ce mode de pensée, sans parler des Jinns, l’homme ne peut même pas accepter et reconnaître quelque réalité que ce soit qu’il ne puisse pas observer ou ressentir directement, et il ne peut même pas admettre l’existence de Dieu.

Les musulmans qui ont été fortement influencés par le modernisme mais qui ne peuvent pas non plus nier le contenu du Coran, ont donné des interprétations étranges à des affirmations claires contenues dans le Coran à propos des Jinns, d’Iblis et de Satan. Ils disent que cela ne fait référence à aucune création cachée qui pourrait avoir sa propre existence indépendante, mais que cela fait parfois référence aux forces animales de l’homme, qui ont été appelées Satan, que parfois il peut s’agir de tribus des montagnes vastes et sauvages, ou encore des personnes qui écoutaient le Coran en secret. Mais les affirmations faites dans le Coran à ce sujet sont si claires et explicites que ces interprétations n’ont aucune pertinence.

Le Coran mentionne fréquemment les Jinns et les Hommes d’une manière qui indique qu’il s’agit bien de deux créations distinctes. A ce sujet, voir les sourates Al-A`râf v 38, Hûd v 119, Ha Mim As-Sajdah v 25-29 , Al-Ahqaf v 18, Adh-Dhâriyât v 56, et la sourate Ar-Rahman en entier. Ces versets contiennent des preuves claires qui ne laissent la place à aucun doute concernant les Jinns en tant que créatures de Dieu.

Dans les sourates Al-Ahqaf v 12, Al-Hijr v 26-27, et Ar-Rahman v 14-19, il est expressément affirmé que les hommes ont été crées d’argile et les Jinns de feu.

Dans la sourate Al-Hijr v 27, il est dit que les Jinns ont été crées avant les hommes. Ceci est confirmé par l’histoire d’Adam et Eve qui est relaté à 7 reprises dans le Coran et, à chacun de ces endroits, il est confirmé qu’Iblis était déjà là lors de la création de l’homme. De plus, dans la sourate Al-Kahf v 50, il est aussi dit qu’Iblis appartient aux Jinns.

Dans la sourate Al-A`râf v 27, il est dit de façon claire que les Jinns voient les êtres humains mais que ces derniers ne les voient pas.

Dans les sourates Al-Hijr v 16-18, As-Sâffât v 6-10 et Al-Mulk v 5, il est dit que même si les Jinns peuvent accéder aux cieux, ils ne peuvent cependant pas dépasser une certaine limite, s’ils essayent d’aller au-delà de cette limite et tentent d’entendre ce qui se passent dans les cieux alors qu’ils n’y sont pas autorisés, et s’ils essayent de tendre l’oreille, ils sont chassés par des météorites. De ce fait, les croyances des arabes polythéistes que les Jinns possèdent la connaissance de l’Invisible (Ghayb) ou bien qu’ils accèdent aux secrets Divins ont été réfutées. Cette même erreur est également réfutée par la sourate Saba’ v 14.

Les sourates Al-Baqarah v 30-34 et Al-Kahf v 50 montrent qu’Allah a confié à l’homme la lieutenance sur terre et que l’homme est supérieur aux Jinns. Bien que les Jinns aient reçu certains pouvoirs et habilités extraordinaires dont nous avons un exemple dans la sourate An-Naml v39, les animaux, de la même manière, ont reçu certains pouvoir supérieurs à ceux des hommes, mais ceci n’est pas un argument pour dire que les animaux sont supérieurs aux hommes.

Le Coran explique également que les Jinns, tout comme les hommes, sont une création dotée de pouvoir et de responsabilités et qu’ils peuvent, au même titre qu’eux, choisir entre l’obéissance et la désobéissance, la foi et la mécréance. Ce fait est confirmé par l’histoire de Satan et l’anecdote des Jinns affirmant leur foi que l’on retrouve dans les sourates Al-Ahqâf et Al-Jinn.

A plusieurs reprises dans le Coran, il est également dit qu’Iblis au moment de la création d’Adam, s’est résolu à égarer les humains, et depuis ce jour, les Jinns sataniques ont tenté avec persistance de détourner l’homme, mais ils n’ont pas le pouvoir de les dominer et de leur faire faire quelque chose de force. Cependant, ils lui insufflent le mal, tentent de le séduire, essaient de le tromper et lui font percevoir le mal comme étant un bien. A ce sujet, voir les sourates An-Nisâ’ v 117-120, Al-A`râf v 11-17, Ibrâhîm v 22, Al-Hijr v 30-42, An-Nahl v 98-100, Al-Isrâ’ v 61-65.

Le Coran nous apprend également que lors de la Jâhiliyyah (ignorance de l’ère pré-islamique), les arabes polythéistes considéraient les Jinns comme des associés de Dieu, les vénéraient et pensaient qu’ils descendaient de Dieu. Pour cela, on peut se référer aux sourates Al-An’am v 100, Saba’ v 40-41, As-Sâffât v 158.

D’après ces détails, il devient clair que les Jinns ont leur propre existence objective et qu’il sont une création secrète d’une espèce totalement différente des hommes. Du fait de leurs mystérieuses qualités, les ignorants ont fortement exagéré les notions et les concepts concernant les Jinns et leurs pouvoirs, ils les ont même vénérés, mais le Coran explique la vérité à leur sujet, en montrant ce qu’ils sont et ce qu’ils ne sont pas.

Thème

Les versets 1-15 de cette sourate décrivent ce que fut l’impact du Coran sur le groupe de Jinns qui l’entendirent et ce qu’ils répétèrent à leurs compagnons lorsqu’ils les retrouvèrent. Allah n’a pas reproduit ici toute leur conversation mais il a seulement mis des passages saillants. Ceci est raison pour laquelle le style n’est pas un discours continu mais plutôt des phrases citées afin d’indiquer qu’ils ont dit ceci ou cela. En étudiant avec précaution les phrases prononcées par les Jinns, on peut facilement comprendre le véritable but de l’évocation dans le Coran de cet événement où ils affirment leur profession de foi et où ils conversent avec les leurs.

Après cela, les versets 16-18, contiennent un avertissement : " S’ils se maintenaient sur la voie droite, nous les abreuverions d’une eau abondante pour les éprouver. Dieu conduira vers un châtiment de plus en plus fort quiconque se détourne de rappel de son Seigneur. Puis, dans les versets 19-23, le reproche suivant est fait aux mécréants de la Mecque : " Quand le serviteur de Dieu s’est levé pour l’invoquer, peu s’en fallut qu’ils ne se pressent en foule autour de lui. Dis : je n’invoque que mon seigneur et je ne lui associe personne". Dis : " nul ne me protège contre Dieu ; je ne trouverai pas de refuge en dehors de Lui, sauf en transmettant une communication et des messages de Dieu ". Le feu de la Géhenne est destiné à ceux qui désobéissent à Dieu et à son Prophète. Ils y demeureront à tout jamais et y résideront éternellement". Puis dans les versets 24-25, les mécréants sont avertis que : " Quand ils verront la réalisation de ce qui leur a été promis, ils sauront qui est le plus faible en secours et qui est inférieur en nombre. Dis : " je ne sais si ce qui vous est promis est proche, ou bien si mon Seigneur lui assignera un délai ".

En conclusion, il est dit aux gens que le seul qui connaît l’Invisible (Ghayb) est Allah, uniquement. Le Messager — paix et bénédictions sur lui — reçoit seulement ce qu’Allah désire lui envoyer. Cette connaissance se rapporte à l’exécution des devoirs de la Mission Prophétique et elle est délivrée au Messager — paix et bénédictions sur lui — avec une sécurité telle qu’elle n’admet nulle interférence extérieure.

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"Le Professeur Ibni est un mathématicien tchadien de renom, Ancien Directeur du CNAR (CNRS tchadien), Ancien Recteur et Ancien Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, il avait initié plusieurs jumelages avec des Universités Etrangères, au service de l’enseignement des sciences dans son pays et en Afrique plus généralement"

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